Guide des énergies renouvelables
Les énergies renouvelables se reconstituent à l'échelle humaine : le vent, le soleil, l'eau, la biomasse, la chaleur du sous-sol. Ce point commun cache des filières très différentes par leur maturité, leur coût et leurs contraintes.
Efficacité d'abord
Le premier levier n'est pas une source, c'est la sobriété et l'efficacité : un kilowattheure non consommé n'a pas à être produit, décarboné ou non. Toutes les trajectoires énergétiques sérieuses commencent par une réduction de la demande, parce qu'elle est plus rapide à obtenir qu'une capacité de production nouvelle.
Filières renouvelables matures
L'hydraulique
est la plus ancienne et la plus rentable : elle fournit une électricité
pilotable, avec des barrages qui servent aussi de stockage. Son potentiel
d'extension est faible en Europe, la plupart des sites étant équipés.
L'éolien terrestre est arrivé à maturité industrielle et produit à un coût compétitif. L'éolien en mer, plus coûteux à installer, bénéficie d'un vent plus régulier et de facteurs de charge nettement supérieurs.
La
biomasse, principalement le bois-énergie, est la première source renouvelable
consommée en France. Elle est pilotable, locale, et limitée par la ressource :
la récolte doit rester inférieure à l'accroissement de la forêt, et les
particules fines des appareils anciens sont son vrai point faible.
Énergie solaire
Le photovoltaïque a connu la baisse de coût la plus spectaculaire de toutes les technologies énergétiques : le prix du module a été divisé par un facteur considérable en 20 ans, au point de devenir l'une des sources d'électricité les moins chères à produire dans les régions ensoleillées.
Le solaire thermique, lui, chauffe de l'eau plutôt que de produire des électrons. Il est simple, efficace, et souvent oublié dans les débats parce qu'il ne se raccorde pas au réseau, alors qu'il couvre la moitié ou plus des besoins d'eau chaude d'un logement.

Intermittence des renouvelables
C'est l'objection principale faite au solaire et à l'éolien, et elle est réelle : ces sources produisent quand la ressource est là, pas quand la demande l'exige. Quatre réponses coexistent, et elles se combinent.
Le foisonnement géographique : le vent ne tombe pas partout en même temps, et un réseau interconnecté lisse une partie des variations. La complémentarité des sources : le solaire produit l'été et en journée, l'éolien davantage l'hiver et la nuit. Le stockage : batteries pour les heures, stations de pompage pour les journées, vecteurs chimiques pour les saisons. Et le pilotage de la demande, qui consiste à déplacer certains usages, eau chaude, recharge de véhicules, procédés industriels, vers les heures de production.
Aucune de ces réponses n'est complète isolément ; leur combinaison est ce que décrivent les scénarios de transition.
Géothermie
Elle exploite la chaleur du sous-sol, stable toute l'année. La géothermie de surface alimente des pompes à chaleur pour le bâtiment ; la géothermie profonde alimente des réseaux de chaleur urbains, comme en Île-de-France, ou produit de l'électricité là où le gradient est fort. Elle est peu visible, très régulière, et fortement encadrée en raison des risques liés au forage.
Critères pratiques de choix d'une énergie renouvelable
Pour
un particulier, l'ordre est constant : isoler, puis produire sa chaleur
autrement (bois, pompe à chaleur, solaire thermique), et enfin produire de
l'électricité. Installer des panneaux sur un logement mal isolé revient à
remplir un seau percé.
Pour
la collectivité, les arbitrages portent sur le foncier, les réseaux,
l'acceptabilité locale et le rythme de déploiement. Ce sont ces questions-là,
plus que la technologie, qui déterminent aujourd'hui la vitesse de la
transition.

